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Combattre les stéréotypes de genre, une urgence aussi pour la pratique sportive


Une jeune fille joue au basket-ball, en mai 2014.

10 000 pas et plus. Les chiffres ne sont guère réjouissants. Dans l’édition 2022 du Report card de l’Observatoire national du niveau d’activité physique et de la sédentarité (Onaps), il ressort que seulement la moitié des garçons et un tiers des filles de 6 à 17 ans atteignent les recommandations (au moins 60 minutes d’activité physique par jour d’intensité modérée à élevée). « La puberté est un des marqueurs du déclin de l’activité physique quel que soit le sexe », et le déclin est encore plus marqué pour les filles, estime ce rapport publié le 25 octobre. Les chiffres sont éloquents : « 70 % des garçons et 56 % des filles âgés de 6 à 10 ans atteignent les recommandations, contre seulement 34 % des garçons et 20 % des filles de 11-14 ans, et 40 % des garçons et 16 % des filles de 15-17 ans. »

Ce constat rejoint celui d’un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié début octobre : « Dans la plupart des pays, les femmes sont moins actives que les hommes […] et dans toutes les tranches d’âge. Et les filles sont plus inactives que les garçons dans la plupart des pays (85 % et 77,6 % respectivement). » Le niveau de sédentarité s’est aussi fortement accru avec la crise sanitaire, en raison du temps d’écran qui a augmenté.

Comment expliquer une telle différence selon le sexe ? « Les études montrent que les filles sont moins attirées par la pratique en compétition », constate Alicia Fillon, chargée de mission à l’Onaps et co-autrice du Report card. En effet, les fédérations unisport (qui rassemblent 60 % des licenciés, soit 5,2 millions d’enfants) comptent 64,2 % de garçons et 35 % de filles. Cette différence tend toutefois à disparaître, précise le Report card, pour les fédérations multisport, principalement le sport scolaire, plus tournées vers le sport plaisir. « On parle bien moins des femmes qui remportent des compétitions sportives que des hommes, malgré de nombreuses athlètes femmes de haut niveau. C’était caricatural quand l’équipe féminine de handball a remporté la médaille d’or aux Jeux olympiques à Tokyo, en 2020 », affirme Pascale Duché, directrice du laboratoire Impact de l’activité physique sur la santé de l’université de Toulon.

« Lutter très tôt contre les a priori »

Autre frein, « la question de la sécurité des lieux de pratique d’activité physique et de leurs alentours et sa perception peuvent limiter l’encouragement des parents à l’activité physique des filles, plus que des garçons », relève Irène Margaritis, adjointe au directeur d’évaluation des risques à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Or, on sait que les parents sportifs ont une influence et « peuvent fournir différents types de soutien, qu’il s’agisse de support logistique ou persuasif », indiquait Santé publique France, qui vient de lancer le deuxième volet de sa campagne « Faites bouger les ados ».

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